Dani Rodrik – « Aider » les dictateurs

Dani Rodrik dans Saif Kadhafi et Moi

Le dilemme que posent les conseillers des régimes autoritaires est équivalent au vieux problème de philosophie morale appelé dilemme « des mains sales. » Un terroriste détient plusieurs personnes en otage, et il vous demande de fournir de l’eau et de la nourriture pour eux. Vous pouvez opter pour la position purement moraliste et dire : « je ne traiterai jamais avec un terroriste. » Mais vous manqueriez une opportunité d’aider les otages. La plupart des philosophes moralistes diraient qu’aider les otages est la chose à faire dans ces circonstances, même si cela revient aussi à aider le terroriste.

Opter pour le bien du plus grand nombre ne nous absout pas d’une culpabilité morale. Nos mains se salissent effectivement lorsque nous aidons un terroriste ou un dictateur. Une notion que le philosophe Michael Walzer exprime bien : « Il est facile de se salir les mains en politique. » Ce à quoi il ajoute immédiatement que se salir les mains de cette manière est cependant souvent « la bonne chose à faire. »

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