Mes liens du matin (8) – Human Rights Watch

Human Rights Watch (HRW) vient de publier son rapport annuel, voici quelques liens relatifs à HRW.

  • L’année 2010 en photo
  • Le rapport annuel complet en PDF et en anglais.
  • Voici la page relative à l’Union Européenne. HRW rappelle les mesures de reconduite des Roms fortement médiatisée et la condamnation de la France pour l’absence d’avocat lors d’une garde à vue.
  • Voici la page concernant la Tunisie, en français, anglais et arabe. (Le chapitre concernant la Tunisie est téléchargeable ici en anglais). C’est un bon rappel du régime de Ben Ali et de ses crimes. Certains qui critiquent la foule tunisienne devrait le lire histoire de comprendre leur rage contre le RCD.
    Extrait :

    Le gouvernement utilise régulièrement la menace du terrorisme et de l’extrémisme religieux comme prétexte pour réprimer toute contestation pacifique, tandis que les agents de sécurité de l’État ont recours à la surveillance, la détention arbitraire et l’agression physique pour intimider et persécuter ceux que le gouvernement considère comme des « menaces ». Les journalistes indépendants, les défenseurs des droits humains et les militants syndicaux s’exposent à des poursuites fondées sur des chefs d’accusations forgés de toutes pièces.
    Les militants des droits humains ont souvent recours à Internet pour diffuser et accéder à l’information, puisque les autorités leur refusent l’espace physique pour le faire. Cependant, la Tunisie mène une politique agressive de blocage de l’accès aux sites contenant des informations critiques sur les droits humains et la politique, et semble impliquée, directement ou indirectement, dans le sabotage des comptes de messagerie de personnes connues pour leur engagement en faveur des droits humains ou dans l’opposition politique.

  • Voici la page concernant le Maroc, en français, anglais et arabe (Le chapitre concernant le Maroc est téléchargeable ici en anglais). Sur les médias marocains, on ne relève que deux choses : la situation « mitigée » ou les avancée au Maroc en comparaison avec la situation déplorable en Algérie, l’ami-ennemi.
    Eric Goldstein, représentant d’HRW dans la région a fait une intervention sur Atlantic Radio.

    Deux grandes lignes de ce rapport c’est la liberté d’expression et deuxième point le besoin d’une justice plus indépendante

    Ici l’intervention en audio : Eric Goldstein

    Voici la seule chose dont parle la MAP, l’agence de presse officielle, HRW épingle le Polisario pour violations des droits humains, donnant ainsi de la crédibilité à ce rapport.
    Le rapport ne contient qu’un paragraphe sur le Polisario et commence pourtant ainsi :

    La situation des droits humains en 2010 au Maroc et au Sahara occidental était mitigée, voire médiocre à certains égards. Le gouvernement, aidé par des tribunaux complaisants, a utilisé une législation répressive pour punir et emprisonner des opposants non violents, en particulier ceux qui violent les tabous et les lois interdisant de critiquer le roi ou la monarchie, de contester la « marocanité » du Sahara occidental, ou de « dénigrer » l’Islam.
    [...]
    D’après les témoignages de détenus, les services de renseignement ont continué à interroger les personnes soupçonnées de terrorisme dans un centre de détention non reconnu par les autorités à Témara, près de Rabat. De nombreux suspects ont affirmé avoir été torturés par la police au cours de leur interrogatoire, tandis que leur garde à vue était prolongée au -delà des douze jours maximum prévus par la loi  antiterroriste. Plusieurs hommes soupçonnés d’avoir des liens avec Al-Qaïda ont par exemple été arrêtés à Casablanca et ses environs en mars et en avril. Ils ont déclaré à Human Rights Watch avoir été appréhendés par des agents en civil qui n’avaient présenté aucun mandat d’arrestation. Les policiers leur ont bandé les yeux et les ont emmenés dans un lieu secret qu’ils  croient être le centre de Témara, où ils ont été détenus et interrogés pendant plusieurs jours (jusqu’à 36 jours selon certains témoignages) avant d’être transférés dans  un lieu de détention officiel de la police judiciaire. La plupart de ces hommes ont affirmé avoir été torturés. Le gouvernement a nié officiellement ces allégations auprès de Human Rights Watch, et a soutenu que les arrestations et détentions dans ces affaires avaient été menées dans le respect de la loi.
    [...]
    Dans les affaires caractérisées par des implications politiques, les tribunaux tiennent rarement des procès équitables. Les juges ignorent régulièrement les demandes d’examens médicaux déposées par des accusés qui affirment avoir été torturés, refusent de citer à comparaître des témoins à décharge, et condamnent les accusés sur la base d’aveux apparemment extorqués. Le 16 juillet, la Cour d’appel de Rabat a confirmé le verdict de culpabilité prononcé en 2009 à l’encontre de 35 accusés – dans un procès connu sous le nom de l’affaire « Belliraj »-pour différents chefs d’accusations incluant la constitution d’un réseau terroriste. La Cour a confirmé la condamnation à la prison à perpétuité pour Abdelkader Belliraj, le chef présumé du groupe, mais a cependant réduit à 10 ans de prison les peines de cinq de ses co-accusés, tous des personnalités politiques. Comme lors du premier procès, la Cour d’appel a basé les verdicts de culpabilité presque entièrement sur les « aveux » faits par les accusés à la police, bien que la plupart d’entre eux aient désavoué ces déclarations lors du procès. La Cour a refusé d’enquêter sur les allégations de torture, de détention dans des prisons secrètes, et de falsification d’aveux portées par les accusés.
    [...]
    Si le Maroc peut se targuer de l’existence de plusieurs milliers d’associations indépendantes, les représentants du gouvernement empêchent arbitrairement la légalisation de certaines organisations, nuisant à leur liberté d’action. Parmi les groupes concernés figurent des associations qui défendent les droits des Sahraouis, des Amazighs (Berbères), des immigrants sub-sahariens et des diplômés chômeurs, ainsi que des associations de bienfaisance et des organisations culturelles et d’éducation dont la direction comprend des membres de Justice et Spiritualité, un mouvement d’envergure nationale qui prône la mise en place d’un État Islamique et remet en cause l’autorité spirituelle du roi.

    En ce qui concerne les associations de manière générale :

    Le gouvernement tolère en général les activités des nombreuses organisations de défense des droits humains actives à Rabat et à Casablanca, mais les militants individuels paient parfois le prix fort pour avoir dénoncé les abus. Chekib el-Khayari, Président de l’Association des Droits de l’Homme dans le Rif, purge une peine de trois ans d’emprisonnement depuis février 2009, pour « outrage aux institutions de l’État » et violations mineures de la réglementation des devises. Les autorités l’avait arrêté après qu’il ait accusé certains fonctionnaires marocains de complicité dans le trafic de stupéfiants. Le 24 novembre 2009, une cour d’appel de Casablanca a confirmé le verdict.
    [...]

    Les autorités n’entravent généralement pas l’action des organisations étrangères de défense des droits humains qui visitent le Maroc. La surveillance est plus stricte au Sahara occidental, même si les autorités à El-Ayoun ont assoupli la règle imposée en 2009 qui obligeait les étrangers à signaler au préalable toute visite au domicile d’activistes sahraouis.

    Les activistes sahraouis ont bénéficié d’une plus grande liberté de voyager à l’étranger qu’en 2009. Il y a eu moins de cas où les autorités ont confisqué ou refusé de renouveler leurs passeports, ou les ont empêché d’embarquer sur leurs vols.

    Sur la liberté des médias et rappels de quelques faits :

    La presse écrite et les médias en ligne indépendants du Maroc enquêtent et critiquent les représentants du gouvernement et les politiques, mais font l’objet de poursuites et de harcèlement quand ils franchissent certaines limites. Les lois sur la presse prévoient des peines de prison pour diffusion «de mauvaise foi » de « fausses informations » susceptibles de troubler l’ordre public, ou pour des propos diffamatoires mettant en cause les membres de la famille royale ou portant atteinte à « l’Islam, l’institution de la monarchie, ou l’intégrité territoriale » – c’est-à-dire aux revendications du Maroc sur le Sahara occidental.

    Le quotidien indépendant en langue arabe Akhbar al-Youm, connu pour sa liberté de ton, a reparu sous le titre Akhbar al-Youm al-Maghrebiya. Un tribunal avait en effet fait fermer le journal le 30 octobre 2009, pour avoir publié une caricature représentant un cousin du roi Mohammed VI d’une manière prétendument irrespectueuse. Cependant, le cercle restreint des médias d’information indépendants et de qualité a perdu des publications clés en 2010, avec la fermeture pour des raisons financières des hebdomadaires Nichan et Le Journal et du quotidien al-Jarida al-Oula. Ces deux derniers journaux avaient fait l’objet ces dernières années de nombreuses poursuites pour diffamation et autres infractions, dont un certain nombre obéissaient à des motivations politiques.

    Le 12 juin, le roi a gracié le seul journaliste qui se trouvait en prison au premier semestre 2010, Driss Chahtane, directeur de publication de l’hebdomadaire Al-Michâal. Chahtane avait purgé huit mois d’une peine d’un an de prison pour avoir publié «de mauvaise foi » de « fausses informations » au sujet de l’état de santé du roi.

    La télévision publique marocaine offre un certain espace pour le journalisme d’investigation, mais ne laisse que peu de place aux critiques directes contre le gouvernement ou aux opinions dissidentes sur certains enjeux majeurs. Le Ministère de la Communication a annoncé en mai que les chaînes étrangères, qui bénéficient d’une large audience au Maroc, devraient à présent obtenir une autorisation pour filmer en dehors de la capitale. Le ministère a refusé pour la deuxième année consécutive d’accréditer deux correspondants locaux d’Al-Jazeera sans expliquer cette décision. Il a ensuite annoncé le 29 octobre la suspension des activités de la chaîne au Maroc, au motif que cette dernière avait «sérieusement altéré l’image du Maroc et porté manifestement préjudice à ses intérêts supérieurs, à leur tête la question de l’intégrité territoriale », faisant évidemment allusion au Sahara occidental.

    Un seul paragraphe sur les exactions du Polisario :

    Le Polisario a arrêté le 21 septembre Mostapha Selma Sidi Mouloud, un réfugié sahraoui résidant dans les camps de Tindouf en Algérie. Il a été appréhendé alors qu’il rentrait d’une visite au Sahara occidental sous contrôle marocain, au cours de laquelle il avait exprimé publiquement son soutien à la proposition du Maroc de maintenir sa souveraineté sur le territoire tout en lui accordant une mesure d’autonomie. Le Polisario a déclaré avoir arrêté Selma pour « espionnage » et « trahison », avant d’annoncer finalement sa libération le 6 octobre. A l’heure où nous rédigeons ce chapitre, Selma reste sous le contrôle du Polisario, tandis que le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés s’emploie à organiser sa réinstallation dans un lieu de son choix.

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