lundi 7 juillet 2008
Lu sur l'Economiste
Par Ayoub - Kingstoune, lundi 7 juillet 2008 à 00:25 :: Entre nous...
Un festival dédié au mariage en somme mais que la presse a réduit sans le vouloir à son expression la plus sommaire. Bien évidemment, l'aspect culturel de cet évènement n'est pas négligeable puisqu'il permettra aux historiens de retracer l'évolution du mariage, l'épopée du caftan ou encore rendre hommage à un quartier historique.
Mais au-delà des paillettes, des réfrigérateurs et des pantoufles de vair, se cache une ingénieuse opération. Faire pleurer les gens de joie, au lieu qu'ils pleurent de douleur. Derb Soltane, quartier au sang chaud, baignera, le temps de ce festival, dans la joie, le partage, et la fête. Histoire de rappeler que la vie c'est aussi de savoir en profiter dans la liesse, sans pour autant culpabiliser. Pas de se tapir derrière sa barbe, son tchador, ses ruminations morbides ou tout simplement rester drapé dans sa haine de l'autre. Et de façonner des gens capables du pire. Certes, ni la misère, ni les problèmes ne seront résorbés pour autant, mais comme l'ont dit judicieusement nos anciens: «la misère passe mieux quand elle est enrobée».
Et puis, c'est aussi une grosse opération commerciale qui permettra au quartier d'enregistrer du cash, l'autre volet qui permet de retrouver le sourire.
Tout cela pour mettre l'accent sur ce qui aurait pu passer inaperçu: inculquer de la joie au lieu d'engendrer des poudrières. Tous les arrondissements et quartiers défavorisés devraient en prendre de la graine. Toutes les villes et régions devraient programmer des festivals Zawaj, loin d'être un placebo contre des maux plus virulents. La considération de l'autre a toujours bien payé. Alors soyons fous, faisons la fête.
Par Radia Lahlou sur l'Economiste

