Se rafraîchir la mémoire

Le Maroc ne dépend plus de l’agriculture. Alors arrêtez avec la pluviométrie !

L’avenir d’un nouveau né peut être le cimetière et non la crèche

Il y a trop de gosses au Maroc ! Vous avez vu tous ces mendiants sales ?!

Au Maroc, Hamdoullah, personne ne meurt de faim

Le Maroc se développe très vite : un peu de perspective


Ces données ont été compilées par la Banque Mondiale, une organisation pro Polisario dominée par l’axe algéro-sioniste.

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Éléphants blancs

Tramway de Rabat : 3,8 Milliards de DH.
Tramway de Casablanca : 6 Milliards de DH.
Ligne à Grande Vitesse : 20 Milliards de DH.

Ce ne sont là que trois projets pour l’économie marocaine.  Trois projets dont les coûts de réalisation sont estimés à plus de 1% du PIB du Maroc.

Je ne peux m’empêcher de douter de ces choix structurants. 

Le choix du Tramway.

John Kay a écrit dans le Wall Street Journal l’une des meilleures critiques du choix du tramway comme mode de transport dans la ville : Le tramway n’a pas sa place dans les villes mais dans les musées.
Je cite (ma propre traduction) :

«Un tramway a besoin d’un chemin dédié. Un bus peut en utiliser un mais n’en a pas besoin : il peut rouler sur un couloir de bus, une voie sur une autoroute ou partager la route avec d’autres véhicules. Cela permet aux bus d’avoir une flexibilité pour gérer les aléas de trafic et les besoins des usagers. Les tramways modernes sont plus propres et plus confortables que les bus, principalement parce qu’ils sont commandés par des visionnaires qui ne pensent pas aux coûts, alors que la gestion des bus est faite par des businessmen acharnés. Vous pouvez acheter 10 bus respectant l’environnement pour un coût moindre qu’un tramway d’Édimbourg. Le tramway peut avoir plus de place mais les bus offrent plus de fréquence.»

«A tram requires a dedicated track. A bus can use a dedicated track but need not: it can use a busway, a lane on a main highway, or simply share the road with other vehicles. This gives bus services flexibility to cope with varieties of traffic conditions and changing user requirements. Modern trams are cleaner and more comfortable than most buses, mainly because trams are ordered by visionaries who do not much care about costs while buses are operated by hard-nosed business people. You can buy 10 environmentally friendly modern buses and still have change from the cost of one of Edinburgh’s trams. The tram may have twice as many seats but the bus can offer a more frequent service.»
Lire l’article complet ici [en]

Si le tramway est un moyen de transport efficace, pourquoi a-il disparu dans des centaines de villes du monde, dont Casablanca après l’indépendance, et a été remplacé par le bus et le métro?
La réponse semble se résumer à son inefficacité.

Faisons un calcul simple. Que nous offre le tramway de Rabat ?
4 Milliards de DH investis pour deux lignes de 20km au total et une capacité de chaque ligne de 4050 passagers, avec une estimation de transport de 180.000 passagers par jour.

Comparons maintenant au bus.
Un bus neuf coûte entre 1.5 et 2 Millions de DH.
Le coût du projet du tramway de Rabat est d’environ 4 Milliards de DH, cela veut dire que cette ville, pour 2 Milliards de DH, pouvait acheter au moins 1000 bus neufs, avec une capacité de transport de près 90.000  passagers (90 passagers/bus) et pouvant quadriller la ville avec un réseau très dense.
Les 2 Milliards de DH restant pouvaient être investis dans l’infrastructure de Rabat de différentes manières : création de couloirs dédiés aux bus, traçage de nouvelles rues, rafraichissement de centaines de rues et boulevards,  construction ou aménagement de parking etc.. .
Même avec un coût de 10 Millions de DH par km, les 2 Milliards pouvaient rafraîchir ou construire jusqu’à 200km de chaussées. Ce même raisonnement peut être appliqué à la ville de Casablanca.

Le tramway est joli, beau, silencieux et ceux qui le commandent peuvent en être fiers. De toute façon, ils ne risquent pas de le prendre.

Or des villes comme Casablanca ou Rabat n’ont pas besoin d’un tracé difficilement modifiable, mais de réseaux de transports rapides, fonctionnels et sûrs.
Les réseaux de métros et de bus des plus grandes villes comme New York, Londres ou Paris ne sont pas jolis. Ils ne sentent pas bon. Mais ils remplissent un seul rôle et le remplissent très bien : transporter un passager d’un point A à un point B le plus rapidement possible et pour le moindre coût.

La Ligne à Grande Vitesse.

Fin Septembre, le Roi du Maroc Mohammed VI et le Président français Nicolas Sarkozy lanceront le chantier de construction d’une LGV reliant les villes de Tanger et Casablanca et ramenant la durée du trajet de 4h45 à 2H10.

Le coût de cette ligne est estimé à 20 Milliards DH.

Et comme pour le tramway, on peut sincèrement douter d’un tel choix.

Le TGV n’est pas forcément un choix rentable même pour  la France. Le magazine Challenges a publié un article «Le succès du TGV n’a d’égal que le gouffre de ses finances» qui résume les problèmes auxquels font face les entreprises publiques, RFF et SNCF, et l’État français.
Extraits :

«La dette du TGV est trop lourde à porter pour deux entreprises, même publiques. La Cour des comptes jugeait en 2008 que 12 à 13 milliards des engagements de RFF étaient tout simplement non remboursables et devaient théoriquement être transférés à l’Etat.»

puis,

«De son côté, la SNCF s’est épuisée à demander à l’Etat de réagir. En vain. Alors, dans le secret des cabinets ministériels, elle a posé cartes sur table: si la dette n’est pas épongée, elle coupera les dessertes TGV non rentables. Soit, selon les propres paroles de son président, Guillaume Pepy, devant l’Assemblée, un tiers d’entre elles.»

Le TGV est un gouffre financier malgré le fait que la SNCF bénéficie d’une situation de monopole dans le transport inter-régions car il est interdit en France à des compagnies d’autocar de transporter entre les villes de différentes régions comme ce que fait la CTM au Maroc.

D’ailleurs, la durée longue de 4h45 présentée pour justifier le chantier de LGV est exagérée car elle ne concerne que les trains de l’ONCF. Le trajet par autoroute entre Casablanca et Tanger dure environ 4h sachant qu’il y a en ce moment deux chantiers qui pourraient raccourcir cette durée : l’élargissement de l’autoroute reliant Casablanca à Rabat et la création d’un contournement autoroutier de la ville de Rabat.

Est ce que la LGV pourra faire face à la concurrence de l’autocar qui affiche un prix de 140 DH par trajet ?

L’ONCF a-t-elle vraiment une idée de la tarification de la LGV, sachant qu’un trajet équivalent en France est vendu au tarif plein de plus 800 DH ?

L’État marocain prévoit-il, pour rentabiliser ce projet, de créer des mesures réglementaires pour limiter la concurrence avec les autocars et les voitures ?

L’État ne surestime-t-il pas le besoin de gain de temps de transport de personnes, sachant que les plus grandes compagnies essaient de limiter les coûts de transport de leurs employés en utilisant les nouvelles technologies ?

Qu’en est il de la RAM, compagnie aérienne qui bénéficiera de l’aide de l’État pour sortir de son gouffre financier ? Une stratégie de LGV ne va-t-elle pas à l’encontre des intérêts d’une autre entreprise nationale ? La même interrogation concerne les Autoroutes du Maroc.

Je me demande si les responsables politiques et technocrates avaient vraiment étudié ou abordé de manière critique ce projet.

La LGV, succès technologique, risque d’être un flop financier à l’instar de la France.

Elle semble donc être une sorte de caprice, un éléphant blanc dont certains responsables seront fiers, mais qui a de fortes chances de ne pas être utilisée par des millions de marocains comme ils l’espèrent.

***

Trois projets structurants. Trois éléphants blancs.

Cette politique de Grands Chantiers ne remplit que l’égo des personnes à leur charge. D’autres chantiers politiques, moins bling-bling mais plus structurels, sont laissés de côté : la réforme de la justice, le climat des affaires, la santé, l’éducation, l’urbanisme etc. .

Ces derniers ne tiennent malheureusement pas dans une présentation PowerPoint.

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Lire également par Omar El Hyani TGV, à quoi bon ?

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Inflation en France – Juin 2011

Infographie disponible sur cette page

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Visualisation : Afrique, PIB par habitant en 2009

Visualisation disponible sur ce lien.

Source : Banque Mondiale.

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Visualisation : Top 10 des pays africains par PIB

Visualisation disponible sur ce lien.
Données du FMI – année 2009.

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Têtes de plongeurs – Mondiaux de Shanghai

Une collection des têtes des plongeurs lors des mondiaux de natation à Shanghai

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Dani Rodrik – L’avenir de la croissance économique

Mais entamer et maintenir une croissance rapide requiert un peu plus : des politiques visant à stimuler la production ce qui encourage un processus constant de changements structurels et génèrent de l’emploi dans les nouvelles activités économiques. Une croissance fondée sur les afflux de capitaux ou un boom des matières premières ne dure jamais longtemps. Une croissance durable requiert des incitations innovantes pour encourager l’investissement du secteur privé dans les nouvelles industries – avec le moins de corruption possible et des compétences appropriées.

Si l’on s’en tient à l’histoire, l’éventail des pays susceptibles d’y parvenir sera réduit.

Dani Rodrik sur le Project Syndicate

But igniting and sustaining rapid growth requires something more: production-oriented policies that stimulate ongoing structural change and foster employment in new economic activities. Growth that relies on capital inflows or commodity booms tends to be short-lived. Sustained growth requires devising incentives to encourage private-sector investment in new industries – and doing so with minimal corruption and adequate competence.

If history is any guide, the range of countries that can pull this off will remain narrow.

Dani Rodrik on Project Syndicate

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Donner le ton

Fin du printemps arabe

C’est presque la fin du fameux printemps arabe. Et le bilan est, selon moi, mitigé. De nouveaux ordres émergeront tôt ou tard des chaos égyptien et tunisien. Sinon, le quotidien oscille entre les informations sur des peuples tués par leurs «dirigeants» et une nouvelle guerre en Libye, qu’on nous a promis différente de l’invasion en Irak.

Au milieu de ce bordel journalier, on entend à peine parler des manifestations au Maroc, l’ «exception» de ce monde arabe.

Le Dimanche 20 Février 2011 a connu la naissance d’un mouvement éponyme, mené au début par une partie de la jeunesse marocaine, pour revendiquer ce que les partis politiques ont échoué à atteindre : des libertés, une égale justice et une dignité pour tous les marocains.

Certains marocains espéraient un scénario à la tunisienne ou l’égyptienne, la violence de l’appareil étatique en moins : des marches pacifiques, rassemblant toutes les différentes franges de la société marocaine pour faire pression sur le «Makhzen» dans le but d’obtenir ces revendications basiques.

Les demandes des manifestants me semblaient être plutôt sociales, dans leur expression, que politiques. Certains manifestants souhaitaient le «départ» d’hommes forts du régime comme Fouad Ali El Himma ou Mohamed Mounir El Majidi, proches du Roi et figures emblématiques du «Makhzen», d’autres demandaient un changement des règles du jeu à travers une nouvelle constitution plus juste.

Je doutais de la réussite de ce mouvement.

Le Maroc ressemble honteusement à ses voisins arabes, et fait même pire dans certains indicateurs : corruption, pauvreté, chômage des jeunes, injustice et absence de certaines libertés fondamentales.

Mais, à la différence de la Tunisie ou de l’Egypte, le «Makhzen» ne constitue pas un ennemi tangible catalysant les foules à l’instar de Ben Ali et sa famille ou Moubarak. L’absence d’une revendication forte rassemblant toutes les classes sociales était pour moi fatale pour le mouvement.

Les différentes marches du 20 Février dans toutes les villes du royaume ont été une réussite dans un contexte de désinformation et de lynchage médiatique. A la fin de cette journée, les marcheurs étaient plein d’espoir, et certains se préparaient à organiser de nouvelles marches pour maintenir la pression.

Ce que personne n’a vu venir ce 20 Février: Le 9 Mars.

Le Roi du Maroc a fait un discours pour déclarer le début d’un processus de réformes constitutionnelle et démocratique dans le pays. Ce discours semblait à contre voie, comme si les manifestations réussies ne s’étaient même pas passées. Le plan de cette transition a été décrit durant le discours : une équipe nommée par le Roi consultera les partis et la société civile puis proposera une nouvelle constitution devant être approuvée par référendum.

Ce discours répondait en quelque sorte aux revendications du mouvement du 20 Février : Une réforme constitutionnelle en soi est une excellente chose. C’est un moyen de partir sur de nouvelles bases, plus justes et plus démocratiques pour aboutir à une société égale et où le peuple est souverain.

Ce discours était également un message très clair pour tout le monde : Ce n’étaient pas aux manifestants de donner le ton.

Les événements suivant ce discours l’ont prouvé : le Roi a nommé une équipe de juristes, pas vraiment connus pour leur «nihilisme» primaire. Moins de deux mois après, les marocains étaient invités à s’inscrire sur les listes électorales en l’espace de trois semaines. Au beau milieu de ce processus, le calendrier électoral a été présenté à la population : 1er Juillet, référendum pour approuver ou non la constitution présentée durant le mois de Juin, puis début Octobre nouvelles élections législatives aboutissant à une nouvelle chambre de représentants et un nouveau gouvernement.

Le mouvement a été pris de cours devant l’intelligence politique du régime. Durant cette même période, les gens ont continué leurs marches, parfois non synchronisées, pour demander les mêmes revendications.

Les manifestants auraient pu refuser cette réforme octroyée, et exiger une assemblée constituante élue. Ce ne fut pas le cas pour deux raisons : cette revendication constitutionnelle n’était pas forte à la naissance même du mouvement et une partie des sympathisants était contente de cette promesse obtenue.
Les revendications sont restées plutôt sociales et dispersées.

Cette perte de vitesse était prévisible. Et dans un contexte international favorable au régime avec ce qui se passe en Syrie, Libye et au Yémen, et les difficultés rencontrées en Egypte et en Tunisie, le ton est monté de son côté.

Ces trois derniers weekends, au lieu d’encadrer les marches, l’appareil policier a plutôt montré la matraque sans discernement : femme, homme ou enfant.

Cette répression violente rappelle le quotidien que vivaient les diplômés chômeurs manifestant devant le Parlement à Rabat.

Début du long été marocain

Le mouvement n’a pas atteint la masse critique comme en Egypte ou en Tunisie. Le calendrier imposé par le régime ne donnent pas le temps aux manifestants de militer pour un boycott ou un refus de la prochaine constitution qui semble être un maquillage de l’existante.

Jusque là, le «Makhzen» a fait un sans-faute politique dans un contexte qui lui est favorable. Le mouvement du 20 Février dans tout le royaume ne constitue plus à ses yeux une menace très forte, et le retour de la répression est la preuve.

Si il y a une escalade de la violence, cela peut amener d’autres personnes à manifester et refuser la situation actuelle. Mais cela me semble improbable : des répressions meurtrières dans le passé n’ont pas suscité la compassion des autres marocains.

Que se passera-t-il alors? Comme dans mon premier billet, je ne sais pas.

 

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Structure des échanges commerciaux du Maroc en 2009

Visualisation à voir sur ce lien. (Version provisoire).

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Statistiques globales sur la migration

Disponible sur ce lien, chez Migration DRC

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